MANIPULÉ : ce communiqué attribué à l’armée rwandaise est un montage

Cette prétendue lettre partagée via un post Facebook affirmant que le dirigeant rwandais Paul Kagame ordonne à l’armée du pays stationnée à Lubero de se présenter au camp de la MONUSCO le plus proche est MANIPULÉ.

Le post qui date du 14 octobre 2025 prétend que: « Dans un document qui a fuité, Paul Kagame vient d’ordonner à ses soldats RDF stationnés à Lubero, accompagnés des FDLR, de se présenter eux-mêmes au camp Monusco le plus proche. Et pour rendre la scène encore plus comique, il avertit maintenant sa propre marionnette M23 de ne pas interférer, sinon ils seront punis par leur propre père, Kagame lui-même ! Alors maintenant, le Rwanda avertit ses propres rebelles ? On aura tout vu ! L’empire du mensonge s’effondre morceau par morceau. Quand le marionnettiste commence à punir ses marionnettes, c’est que le spectacle touche à sa fin ».
Il est accompagné d’un communiqué rédigé en anglais et dont la traduction en français dit ceci: « Le Ministère de la Défense de la République du Rwanda informe par la présente le public et les partenaires régionaux que tous les éléments des Forces de défense rwandaises (RDF) et des FDLR positionnés le long de la ligne de défense “A” dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, ont reçu l’ordre de se présenter au camp de la Monusco le plus proche à des fins de coordination et de vérification. Cette directive, émise sous l’autorité de Son Excellence le Président de la République et Commandant suprême des RDF, s’inscrit dans l’engagement du Rwanda envers la transparence, la coopération internationale et les mécanismes de maintien de la paix et de suivi actuellement déployés dans la région ».
PesaCheck a examiné ce post et a conclu qu’il est manipulé.
Une recherche d’images inversée effectuée sur Bing a révélé un communiqué des Forces de Défense du Rwanda (RDF), sur ses pages officielles X et Instagram, qualifiant cette communication de « Fake News ».
Une analyse effectuée sur FotoForensics, comparant le faux communiqué à une note officielle rédigée par l’armée rwandaise a elle aussi révélé que le document a été trafiqué.

L’outil Fotoforensics affiche les photos originales en blanc et les photos manipulées en couleur différente.
Une analyse plus approfondie des deux documents a révélé des incohérences dans le faux communiqué, notamment : la date apparaît toujours à la fin des communiqués officiels rwandais, alors que dans le faux communiqué, elle apparaît au début de la lettre ; l’association des RDF et des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, un groupe rebelle armé, dans la même directive, alors que le Rwanda les considère comme un groupe armé ennemi et que les deux groupes se combattent depuis des années.
De plus, un véritable communiqué des RDF émanant du ministère mentionne systématiquement le « Ministère de la Défense de la République du Rwanda ». Le ton et le style ne sont pas conformes aux normes administratives rwandaises, avec une formulation approximative et un anglais bureaucratique peu naturel, qui diffèrent des communiqués officiels, généralement plus concis, diplomatiques et codifiés.

Ce faux communiqué circule alors que l’armée RDC, faisant suite à l’Accord de paix de Washington, ont appelé les groupes rebelles prétendument soutenus par le Rwanda, à se rendre.
PesaCheck a examiné un post sur Facebook affirmant que dans un document, Paul Kagame ordonne à ses soldats stationnés à Lubero de se présenter au camp de la Monusco le plus proche et conclut qu’il est MANIPULÉ.
Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux.
En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux.
Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux.

Cette vérification de faits a été rédigée par un fact-checker de PesaCheck (nom non divulgué pour des raisons de sécurité) et éditée par Nicole Ricci Minyem, éditrice d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah.

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.
PesaCheck est une initiative conjointe de Code for Africa, à travers son fonds InnovateAFRICA, avec un soutien de la Deutsche Welle Akademie, en partenariat avec une coalition de médias locaux africains et d’autres organisations civiques de surveillance.

